Le Grimpereau

Le rat des arbres.

Avec son dos moucheté, son bec fin et sa longue queue, le grimpereau ressemble à un minuscule rat des arbres, sans cesse affairé sur son tronc.

Oiseau arboricole, le grimpereau hante les forêts de feuillus, et les parcs densément boisés.

Le camouflage naturel du grimpereau accroché à un tronc est si efficace que l’oiseau devient quasiment invisible sur l’écorce. Il passerait inaperçu sans l’éclair fugace de son ventre blanc qui apparaît quand il s’envole d’un arbre à l’autre.

Le grimpereau est bien nommé, en ce qu’il passe plus de temps accroché à un tronc qu’à marcher ou voler.

Les grimpereaux que nous voyons escalader les troncs d’arbre, collés à l’écorce ressemblent  vraiment à des petits mulots à plumes, jusqu’à ce qu’ils s’envolent pour tomber au pied d’un autre arbre et grimper à nouveau. Les ailes rondes du grimpereau son d’arbre en arbre, pour se nourrir.t assez grandes, son vol cependant n’est ni puissant ni endurant, mais plutôt hésitant et saccadé comme celui d’une mite. Dans sa vie quotidienne, il vole brièvement,

Le vol et la chasse sur champ d’écorce s’accompagnent de petits cris de contact : « tsii ! » ou « tsit! » plus discret. Ces petits cris, fréquemment répétés, informent de la présence de grimpereaux dans les parages…Mais ils passent souvent inaperçus, car ils sont émis sur des fréquences trop aigües pour nos oreilles.

Les grimpereaux chantent à tout moment de l’année, sauf pendant leur mue. Ils sont particulièrement expansifs entre mi-février et mi-mai. En fait, seul le mâle chante, le bec grand ouvert, en répétant la même chanson aigüe et claironnante : « srii ! srii ! srii ! srii ! » , qui part d’un puissant volume pour baisser graduellement, en même temps que le chant descend dans la gamme, sur des timbres de mini-clairon. Les mâles rivaux se livrent à des duels vocaux, en haut des arbres.

Ce grimpereau est appelé familier, mais aussi grimpereau des bois, par opposition au grimpereau brachydactyle ou grimpereau des jardins, en réalité moins farouche.

Bien qu’on l’appelle grimpereau familier, et que son nom scientifique, Certhia familiaris, confirme cette dénomination, cet oiseau, plutôt discret et farouche, n’a pas inspiré beaucoup de poètes et encore moins de légendes.

Quand le nid est construit, la femelle y dort toutes les nuits le temps de pondre ses œufs, puis elle y reste pour couver en permanence par la suite, jusqu’à l’éclosion des œufs qui intervient au bout de 14 jours.

Un grimpereau part toujours de la base d’un fût et progresse vers le haut à petits coups, par séries de sautillements saccadés sur ses pattes à ressorts. Il parcourt le tronc en une spirale ascendante, qui lui permet d’explorer toutes les fentes et tous les recoins de l’écorce. De temps en temps, leur bec fin prélève un morceau de choix. Quand il croise une branche, il en explore le dessous pour en déloger les bestioles qui s’y abritent, en assurant son équilibre d’un petit coup d’aile. Quand il arrive en haut du tronc ou au bout d’une branche, il volète en diagonale jusqu’au pied d’un autre arbre.

L’hiver est parfois impitoyable pour les grimpereaux. Quand le froid humide plaque une couche de glace sur les troncs, ils ne peuvent plus s’y accrocher pour chasser. Ils ont même du mal à venir sur les tables à oiseaux. Pour les aider, il faut leur offrir des graines décortiquées ou des petits morceaux de gras ou de lard coincés dans l’écorce des arbres.

  •  Les grimpereaux nichent dans toutes sortes de failles, fentes, fissures ou crevasses, derrière un pan d’écorce, dans un trou d’arbre ou même dans des cavités qu’ils creusent dans une souche pourrie. Ils se cachent parfois dans un lierre dense ou dans des dépendances.
  • Quand un grimpereau se perche pour dormir, il gonfle les plumes de son dos pour garder sa chaleur pendant la nuit et pour améliorer son camouflage. Par temps très froid, ou lorsqu’ils sont jeunes, les grimpereaux dorment ensemble, sans un trou d’arbre.
  • Les petits grimpereaux ont adopté l’écorce bien isolante des Wellingtonias pour s’y promener et y aménager des trous bien confortables, grâce à leurs longs doigts griffus et à leur grand bec.
  • Chaque visiteur régulier laisse ainsi derrière lui plusieurs trous dans le tronc, de tous les côtés. Quel que soit le sens du vent, ou des rafales de pluie, ils peuvent trouver ainsi un abri sec et tiède.
  • Plusieurs grimpereaux peuvent ainsi partager un arbre chaque nuit et tourner autour si le temps change. On voit des groupes de 13 ou 14 oiseaux ensemble, des jeunes ou des adultes, pendant les nuits très froides.

La Reproduction :

  • Accouplement : de début mars à juin, le mâle chante de février à mai, en poursuivant la femelle dans les arbres
  • Nidification : dans une fente, un trou ou un lierre épais, les deux construisent un nid d’écorces , de brindilles, d’herbes, de mousse et de lichens, tapissés de poils, de laine et de plumes par la femelle.
  • Œufs : 5 à 6 en moyenne, et très exceptionnellement 3 à 8, blancs, piquetés de rose ou de rouge près du gros bout.
  • Incubation : par la femelle, 14 a 15 jours.
  • Petits : duvet gris sombre à l’éclosion, bec bordé de jaune, nourris d’insectes par les deux parents, s’envolent 13 à 18 jours après mais restent 14 jours en famille.

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